30 juin 2005

Le voleur de bicyclette (1948)

le_voleur_de_bicycletteRéalisé par Vittorio De Sica
Avec Lamberto Maggiorani, Enzo Staiola, Lianelle Carell, Gino Saltamerenda, Vittorio Antonucci


Synopsis du dvd

Dans les faubourgs de Rome, Antonio Ricci, ouvrier au chômage, se voit proposer un emploi de colleur d'affiches, pour lequel il doit absolument posséder un vélo. Mais on le lui vole durant son premier jour de travail. Désespéré, il parcourt la ville avec son fils a la recherche du voleur.


Le voleur de bicyclette est une oeuvre phare du néo-réalisme Italien réalisé au lendemain de la seconde guerre mondiale. Pour tout vous dire je n'y connais absolument rien en matière de néo-réalisme, j'ai juste vu La Dolce Vita de Fellini (que je n'ai d'ailleurs pas trop aimé). Mais par contre j'ai trouvé Le voleur de bicyclette tout simplement génial. C'est un film très touchant et magnifiquement bien joué (j'ai lu que tous les acteurs qui jouaient dans le film étaient  des acteurs amateurs, franchement ils rivalisent amplement avec les acteurs pros). Le réalisateur a tourné son film dans une Rome surpeuplée et miséreuse. Les plans ou l'on voit des files d'attentes interminable devant les arrêts de bus ou de tramway donne une impression de désordre permanent, ce qui donne a la ville un air de métropole tentaculaire. La misère y est omniprésente, il émane des rues un climat de tension (Cf. Le plan des femmes qui se disputent pour l'eau etc...). Personnellement un des plans qui m'a le plus marqué c'est quand on voit les montagnes de drap qui s'entassent chez le prêteur sur gages, signification du désespoir des petites gens qui bradent tous leurs biens pour subsister a la crise.


voleurLe personnage central de l'histoire n'est ni le père, ni le fils, mais la bicyclette. En effet  est la cause de tous les malheurs d'Antonio, tout le film tourne autour d'elle. Le voleur en lui volant sa bicyclette lui vole aussi sa dignité et son travail. Elle représente  la survie de sa famille, car je le rappel si Antonio ne retrouve pas sa bicyclette avant un certain délai, il perdra son travail et retombera dans la misère. C'est pour cela qu'il s'attelle tant a la retrouver. La dernière scène du film est magnifique, j'en avais les larmes au yeux tant elle est émouvante. Le message final qui ressort du film est que les pauvres sont en quelques sorte condamné a se voler entre eux.

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Lamberto Maggiorani est surprenant, il donne une réelle profondeur au personnage qu'il interprète. Il a une sacrée gueule, il me fait un peu penser à Tim Roth ou a Ralph Fiennes. Le petit Enzo Staiola est aussi très bon, c'est  l'archétype du petit chenapan Italien ^_^ .
La musique est très mélancolique, elle me fait beaucoup penser a celle du parrain. Elle accentue la dimension dramatique du film.


Le voleur de bicyclette est un classique que tout le monde se doit d'avoir vu, je le recommande vivement et j'espère que vous l'apprécierez autant que je l'ai apprécié.


P.S. : À noter qu'il est en vente a 2.99 euros sur cdiscount, à ce prix la c'est vraiment un cadeau...


                                                 gqy

Posté par Wops à 21:37 - Commentaires [1] - Permalien [#]


Commentaires sur Le voleur de bicyclette (1948)

    De Sica Voleur de bicyclette

    Je partage globalement votre avis ; c'est pourquoi "Ladri di biciclette" fut immédiatement aimé par des millions de spectateurs. Tout y était criant de vérité : le contexte social et historique, l'émotion, le vécu des personnages. Les acteurs furent eux-mêmes des gens qui connaissaient ces difficultés de l'après-guerre en Italie (Lamberto Maggiorani et les autres).Cette réussite est imputable pour beaucoup au scénariste Cesare Zavattini qui "voulait apprendre aux hommes à voir la vie quotidienne comme on lit un roman". Pour la petite histoire, une firme américaine souhaitait que le rôle principal fut joué par Cary Grant. De Sica et Zavattini refusèrent, bien entendu, catégoriquement ce choix. En revanche, je diverge sur votre vision du message : bien au contraire, les pauvres ne doivent pas s'enfermer dans ce système, ils doivent être solidaires et lutter pour changer leur condition. Le film me paraît assez clair là-dessus. Qu'en pensez-vous ?

    Posté par SPORTISSE Michel, 02 janvier 2010 à 21:46 | | Répondre
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